Avons-nous réellement le choix ?
Tsippora – Créatrice du podcast Tant que je serai

Après 2 ans de podcast, d’interviews, de rencontres, de lectures liées au désir ou non-désir d’enfant, j’arrive au questionnement suivant : est-ce vraiment la question du choix en tant que tel qui est centrale ?
Je m’explique, aujourd’hui dans nos sociétés ce n’est pas tant le fait de choisir qui est difficile c’est de choisir en conscience, choisir sans les carcans de la société, choisir sans le regard des autres, choisir sans ses croyances limitantes, bref choisir de façon à être alignée, sereine dans sa maternité ou dans sa non maternité.
Avortement
On nous propose des lois comme le droit à l’avortement, mais dans la pratique nous savons à quel point beaucoup de femmes qui avortent sont jugées. On entend encore des histoires de femmes à qui l’ont fait écouter les battements de cœur de l’enfant. Pourquoi ? Pour les culpabiliser, les faire changer d’avis, car au final, c’est un mauvais choix ? C’est en voyant ce genre de situation que je me demande si on a réellement le choix alors qu’en réalité, la société patriarcale n’est pas prête à laisser les femmes choisir et être pleinement libres de disposer de leur corps.
Le non-désir d’enfant
On nous propose des moyens de contraception ce qui suppose qu’on a le choix de tomber enceinte ou non. Mais dans la réalité des choses une femme qui déclare ouvertement qu’elle ne veut pas avoir d’enfant est encore mal comprise, jugée ou bien doit se justifier. Ce sont souvent les questions : “mais que vont penser les autres”, “suis-je anormale”, qui ressortent quand on est en plein questionnement sur son choix de maternité. Dans une interview de Chimène Badi, qui a d’ailleurs beaucoup circulé sur les réseaux sociaux, ce qui m’a le plus frappé, ce sont ses mots : “culpabiliser – suis-je normal – différente – je suis désolée”. Inconsciemment, ce sont des mots qui nous rappellent qu’au final il y a toujours ce rapport au jugement, au jugement de la société patriarcale. Si nous étions dans un monde où chacun s’occupait de ses affaires, nous pourrions nous sentir plus libres dans nos choix, les assumer pleinement, car ils ne seraient pas influencés par les soi-disant normes qui nous entourent.
Le choix d’avoir un deuxième enfant
Et oui, car la question du désir d’enfant ne se pose pas que pour le premier enfant. Comme le rappelle Charline dans son blog Mon fils en rose, on peut choisir de ne pas avoir de deuxième enfant et c’est OK. Cette question, concernant le deuxième enfant, est un sujet qui illustre bien cette pression sociale qui incombe aux femmes. Dans l’inconscient collectif, on a l’impression qu’en France le modèle de famille parfaite est un couple hétéro et deux enfants. Du coup, le choix de s’arrêter ou de faire un deuxième enfant est d’autant plus difficile. Est-ce vraiment un choix quand inconsciemment, on a une société qui nous projette un modèle : médias, réseaux sociaux, collègues, famille …
Contraception définitive
Beaucoup de témoignages de femmes souhaitant se faire ligaturer les trompes existent malheureusement. Un énième exemple qui nous montre que le choix de faire ce qu’on veut de notre utérus est encore à questionner. La liste est longue, mais à travers ce texte je voulais tout simplement vous faire part de mes réflexions du moment qui me poussent à continuer à interroger des femmes sur ce choix d’avoir un enfant ou non et mieux comprendre comment il est construit.
Tsippora